Que recherchez-vous ?

L’art de réaliser des matriochkas à l’aquarelle.

L’art de réaliser des matriochkas à l’aquarelle.

 

 

 

Les Matriochkas à l'Aquarelle.

 

 

Les matriochkas, ces poupées gigognes emblématiques de l’artisanat russe, sont de véritables objets d’art. La particularité des matriochkas créées par les artisans, et non pas de façon industrielle, est que chaque modèle a son unicité. Le visage, l’habillement, les parures et bien sûr les teintes varient d’une matriochka à l’autre : c’est là tout le raffinement de ces jolis objets décoratifs. C’est pourquoi la technique de peinture utilisée a toute son importance.

 

Selon si l’on utilise de la peinture à l’huile, de l’acrylique, de l’aquarelle, de la tempéra, on obtient des effets de couleurs et de transparence différents. Les artistes jouent donc sur ces techniques pour atteindre le rendu qui reflète le mieux leur idée de création. Souvent, plusieurs techniques sont utilisées en conjonction pour mettre en valeur différents éléments : on peut ainsi avoir de la pyrogravure pour esquisser un paysage en fond, de la tempéra pour le visage, et de l’aquarelle pour mettre en couleur les décors.

 

 

 

L’aquarelle, une technique ancestrale au service de l’art russe

 

L’aquarelle est en effet l’une des techniques importantes pour la conception des matriochkas. Elle possède plusieurs qualités qui l’ont rendu populaires parmi les artisans. Tout d’abord, c’est un type de peinture qui peut être appliquée rapidement, et qui est suffisamment fluide pour obtenir des aplats uniformes et relativement faciles à exécuter. Par ailleurs, le fait que l’aquarelle soit une peinture diluée à l’eau permet de créer des variations quasi infinies de nuances, ainsi que de jouer avec la transparence et les dégradés. Ces atouts font que l’aquarelle est souvent privilégiée par les artistes pour réaliser le décor des poupées gigognes.

 

L’aquarelle telle qu’on la connaît aujourd’hui est constituée de pigments de couleur qui sont liés par de la gomme arabique : le tout étant soluble à l’eau, on applique le pinceau mouillé sur le godet d’aquarelle (qui peut aussi se trouver en tube) pour en extraire la teinte. Cette technique consistant à utiliser des pigments solubles à l’eau était déjà utilisée dans l’antiquité, que ce soit en Egypte ou en Chine. La peinture chinoise classique était d’ailleurs entièrement basée sur la technique de l’aquarelle, qui permettait de créer des paysages et évocations à la fois éthérées, poétiques et fluides.

 

L’art de réaliser des matriochkas à l’aquarelle

 

En Occident, si l’apparition de la peinture à l’huile au 14e siècle a largement mis de côté l’utilisation de l’aquarelle dans les peintures de grands maîtres, c’est une technique qui reste utilisée pour la création d’œuvres de format plus petit, ainsi que pour la représentation de paysages. Lors de la création des matriochkas dans la Russie du 19e siècle, c’est la gouache qui est principalement utilisée pour la peinture des poupées. Mais petit à petit, l’aquarelle devient partie intégrante de la gamme des techniques de peinture des matriochkas.

 

En effet, le coût de l’aquarelle est souvent plus économique que d’autres types de peintures, principalement du fait de la dilution des pigments. Cela ne veut pas dire que la qualité des matriochkas est moins bonne. Au contraire, l’utilisation de l’aquarelle pour peindre toute une matriochka est un art dont la réalisation est difficile : ce sont donc généralement les artistes confirmés qui se lancent dans de telles créations. Il faut en effet de nombreuses années d’expérience pour réussir le subtil mariage des nuances et de degrés de transparence qui rendent les matriochkas à l’aquarelle uniques. A noter également, l’utilisation de l’aquarelle nécessite que les artisans appliquent par ailleurs une couche de vernis ou un autre fixateur tel que la gomme arabique.

 

Les matriochkas à l’aquarelle peuvent donc être de superbes créations où jeux de lumière, de transparence et de teintes dégradées s’entremêlent. On évitera par contre les matriochkas peintes de façon hâtive, avec des aplats de peinture sans caractère et un manque de finesse souvent évident à l’œil nu.